mercredi 14 janvier 2015

« 24 heures de la vie d'une femme » d'après Stefan Zweig du collectif Photographies-Rencontres



Témoignage critique de l'exposition photographique

« 24 heures de la vie d'une femme » d'après Stefan Zweig du collectif Photographies-Rencontres

Médiathèque de la Ricamarie du 6 au 31 Janvier 2015


Une production collective d'un collectif d'auteurs. Six photographes décident de découper « 24 heures de la vie d'une femme » en prélevant 24 phrases du roman ; à chacun de s'emparer de quatre de ces phrases pour les mettre en photographies.
 
Résultat final : au mur, 24 cadres 50x50 joncs argentés carrés, avec leur même mise en page, simple ; en pied de page, la phrase allemande, en dessous au bord du cadre, sa traduction française, les deux du même gris discret, dans une police de livre classique. Dans l'espace blanc, au dessus, une photographie : couleur, noir et blanc, carrée, rectangulaire où panoramique ; prises de vue numériques et argentiques. Un petit espace (peut-être 8 cm) entre chaque, et les 24 photos se déroulent dans l'espace de la salle d'exposition. Entre le chemin de fer mis au mur avant impression, ou le story board  exposé, l'ensemble fait corps et unité, malgré les différences de traitement et de format d’image. Le fait que les deux modèles -femme et homme-, ou les deux acteurs, se retrouvent et sont reconnaissables d'une image à l'autre y fait pour beaucoup. Sur le bord droit de la photographie, le nom du photographe, même police, même couleur mais en vertical.
En fin d'expo, des traces de fabrication, archéologie des choix et du découpage, en début (et en face) une affiche nous présente le projet.

Je ne connais pas le roman, mais très vite je suis rentré dans un fil de l'histoire, de l'expo, de la narration, rarement par l'image, presque toujours par le texte : un coup d'œil rapide à la photographie, qui selon moi ne captait pas mon attention, une implication à la lecture de la phrase en français, avec au-dessus d'elle, l'originale en allemand, et un retour vers l'image qui prenait alors vie après la lecture de la phrase. Un coup d'œil rapide au nom de l'auteur qui selon moi avait mis tant d'exigence- à illustrer ? pas vraiment ; à traduire ? pourquoi pas ; à interpréter? on s'approche ; à mettre en scène ?...- cette image.

En arrière-plan, d'étranges jeux se mettaient en place :
- Quelle image ce photographe m'impose-t-il ? Comment son interprétation entre en opposition avec l'idée que je m'en fais ? Comment en est-il arrivé là ? Qui a mis en scène la prochaine image ? Pourrais-je repérer les photographes à une écriture, un style, une impression ? Quels sont le ou les fils ténus qui me font, l'espace d'un instant, adhérer à cette image ?
J'ai parcouru comme cela l'exposition avec son fil narratif, son rythme et ses césures ; son contre- pied final.

Et puis ce fut le vernissage, les échanges, les oppositions de point de vue, où l'on formule, où l'on propose ses hypothèses. Quelques mots viennent enrichir le champs lexical : adaptation, cinéma, synopsis, codage -, décodage, application, atmosphère...  Petit à petit, la question du fil ténu qui fait tenir l'image re-émerge en moi, une idée m'a parcouru durant mon investissement de spectateur que je traduis alors comme cela : « Cette petite phrase qui active l'image me fait penser aux petites phrases qui passent en un éclair par la tête du reporter et lui font appuyer sur le déclencheur ».

Au bout du compte je pense qu'il s'agit bien en ici de rapport entre mise en scène -ou représentation(s) en image- et langage. Il n'y a que cette foutue 13e photo presque médiane, dont l'image arrive si brutalement avant même que l'on puisse se faire une représentation de la phrase. Un croche-patte, un croc-en-jambe, une chute vertigineuse d'une abstraction sans langage. D'une phrase sans le verbe, ou d'avant le langage.

Je terminerai ce compte-rendu de visiteur, en abordant cette citation d'un travail précédent du collectif Photographies-Rencontres qui, d'un seul coup, m'a paru être une clé de leur sujet d'étude : « L'œil des mots ».  Cela me fait poser la question « Qui de l'image ou du langage a colonisé le plus profondément notre cerveau ? ». Et, en me posant cette question, j'ai envie de corriger leur sujet précédent en leur disant : -« Je ne sais si les mots ont UN œil, mais je pense qu'ils peuvent traduire UN regard ». C'est ce que je pense, du moins jusqu'à l'expérience de leur prochaine exposition.

David Philippon.

Les photographes :
Brigitte Kohl - Bernard Pharabet - Patrick Rana-Perrier - Thierry Moine - Corinne Silva - Jean-Pierre Lefèvre

Liens utiles


jeudi 5 juin 2014

The Place to be [être dans la place]












INFO: Reportage TV sur " Chaque fenêtre défend son paysage"

Je vais partir avec Brigitte Kohl ( collectif depuislecorbu) passer une petite semaine à l'unité d'habitation de Rezé Les Nantes, démarrer une performance comme celle de 2012 "Chaque fenêtre défend son paysage", afin de réaliser une fresque pour les 60 ans de l'unités d'habitation de Briey.

En attendant de faire un bilan des événements 2014, quelques passages télé:







jeudi 19 décembre 2013

Des domaines d'activité complémentaires






"Chaque fenêtre défend son paysage", au départ, une performance participative avec les habitants du Corbusier de Firminy, aujourd'hui un grand projet d'envergure international...










Un site ou vous pouvez voir certaines de mes réalisations en photographie d'architecture :








Membre du collectif designer + en activité connexe, n'oubliez pas d'aller voir ma fiche de présentation...












Un site des projets photographiques et audiovisuels que je monte avec différents publics, différentes structures, ainsi que les axes de mes cours en enseignement supérieur.


jeudi 8 mars 2012

De l'importance de la post production

Le métier du photographe, ce n'est pas seulement de faire des photos, mais aussi de les interpréter. Dans ce cours film, vous verrez le travail effectué sur une image en accéléré, d'environ 45 Minutes. J'ai choisi volontairement un édifice simple, car je voulais donner de la présence à un sujet qui de prime abord ne paraissait pas en avoir. Cela me parait une démonstration convaincante de partir d'une image sans intérêt pour arriver à une image qui défend son sujet.
Il faut tout d'abord comprendre que l'appareil photographique n'a pas la souplesse de l'œil humain et que souvent, surtout en photographie d’architecture, le ciel et le sujet ne peuvent être traités de la même manière:  le ciel nous parait tout le temps trop clair. Le photographe doit alors retoucher sérieusement ne serait-ce que pour rendre l'impression visuelle qu'il y avait à la prise de vue.
 

mardi 7 février 2012

Premier regard? Esquisse photographique à la maison de la culture de Firminy.




C'est une vraie émotion de voir un lieu qui m'était familier reprendre vie à mon regard. Les travaux faits à la maison de la culture redonnent petit à petit à cet ouvrage une part de magie qui était devenue ténue et visible uniquement aux regards avertis et connaisseurs. Le jeu des couleurs, qui renaît sur les façades et à l'intérieur, l'état de travaux qui rend compréhensibles des émotions qui nous traversaient sans qu'on en connaisse la raison - tiens, les panneaux de verres ondulatoires sont penchés? C'est vraiment évident avec les échafaudages. Chaque fenêtre défend son paysage disait de Vinci, mais que défendent ces verres ondulatoires, sont-ce des fenêtres? Comment voit on derrière?
Je me balade avec ma chambre photographique ou mon appareil numérique autour de ce monument et je laisse mon regard se poser...
Un peu plus loin, les pans de verres sont obturées avec du plastique opaque collés au scotch orange. Tableau abstrait, emballage involontaire type Christo et Jeanne Claude...